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Plus de troubles du sommeil et d’angoisses chez les riverains de Roissy, selon une étude sanitaire

Article créé le lundi 21 juin 2004

news 1030 nqt nsmnDétérioration du sommeil, augmentation significative de l'anxiété et de l'angoisse. Telles sont les conclusions d'une étude épidémio-logique consacrée à l'impact des nuisances sonores à proximité de Roissy-CDG.

Première plateforme européenne pour le nombre de mouvements annuels (515 000), responsable du survol à basse altitude (< 1000 m) de 50 000 à 430 000 personnes (suivant les conditions météorologiques), l’aéroport international de Roissy-Charles-de-Gaulle est à l’origine de nuisances sonores que les associations de riverains dénoncent depuis longtemps comme néfastes pour la santé. Le trafic nocturne, qui a augmenté de 38% entre 1997 et 2001, pour se stabiliser aujourd’hui à 162 mouvements en moyenne chaque nuit, confronte les riverains à une situation que beaucoup disent insoutenable. D’ailleurs, dans le Val d’Oise, 68% des cas de survol nocturne dépasseraient les seuils de l'Organisation mondiale de la santé (45 dB, seuil à partir duquel apparaissent les troubles du sommeil). Soucieuses d’apporter des éléments objectifs d’évaluation des impacts sanitaires de l’activité de Roissy-CDG, deux associations de lutte contre les nuisances sonores ont décidé de lancer une étude épidémiologique visant à étudier les troubles du sommeil et les troubles anxio-dépressifs chez les personnes situées sous les couloirs aériens. L’Association de défense contre les nuisances aériennes (Advocnar) et le Collectif santé nuisances aériennes (CSNA), ont souhaité placer cette étude sous la responsabilité scientifique du Dr Eric Lainey, spécialiste des troubles du sommeil à l'Hôpital européen Georges-Pompidou. Insomnia, pour "Impact des Nuisances Sonores, Maladies et Insomnies, à Proximité des Aéroports", est ainsi la première enquête indépendante de santé publique réalisée en France. Sur la base de questionnaires standards internationaux, sont analysés les problèmes de sommeil et les troubles anxio-dépressifs chez 1 000 personnes vivant à proximité de l'aéroport. Deux groupes de population ont été interrogés : l'un exposé aux nuisances sonores (Gonesse et Soisy-sous-Montmorency dans le Val d'Oise) et l'autre non (Gagny et Noisy-le-Sec). L’enquête a délibérément été conduite en période hivernale, alors que les fenêtres ont toutes les chances d’être fermées. Ont contribué financièrement à l'étude le Conseil général du Val d’Oise et les communautés de communes CAVAM et Val et Forêt. L’analyse statistique des résultats met en évidence une détérioration du sommeil et une augmentation significative de l'anxiété et de l'angoisse chez la population survolée par les avions. En revanche, il n’est pas décelé de recrudescence manifeste des dépressions chez les personnes vivant sous les couloirs aériens. Selon le Dr Simone Nérome, médecin à Eaubonne et présidente de l’Advocnar, les manifestations de ce mal-être sont diverses et multiples (stress, inquiétude, difficultés de concentration et de récupération, moins bonnes performances au travail...) et sont surtout visibles chez les personnes vivant depuis longtemps à proximité de Roissy-CDG, « ce qui prouve qu'il n'y a pas de phénomène d'acclimatation ». Jean-Pierre Enjalbert, médecin, maire (UMP) de Saint-Prix et président du CSNA, reconnaît qu’Insomnia n’apporte pas de preuve formelle que le seul bruit des avions est responsable des différences entre populations exposées et non exposées. Pour cela, il faudrait « des enregistrements du sommeil in vivo ». Mais, pour lui, l’étude contribue à établir « un lien de causalité de plus en plus marqué entre les vols de nuit et les troubles du sommeil et les manifestations d'angoisse et d'anxiété ». Et de conclure : une telle démarche a le mérite d’apporter « des éléments objectifs sur l’impact sanitaire des mouvements aériens nocturnes ». De quoi apporter de l’eau au moulin de ceux qui réclament un couvre-feu à Roissy, comme c’est le cas à Orly, où les vols s'arrêtent entre 23h30 et 6h00. Prochaine étape : alerter les pouvoirs publics. « Nous allons demander dès lundi à être reçus par les ministres chargés de la Santé, des Transports et de l'Environnement pour leur exposer les résultats de l'enquête et leur demander quelles conséquences ils comptent en tirer », a annoncé le Dr Nérome. En tout état de cause, une telle tentative d'objectivation permet de faire progresser le débat sur la circulation aérienne et contribue à ce que les nuisances sonores autour de Roissy ne constituent plus seulement une simple atteinte à la qualité de vie, mais bien un enjeu de santé publique.

Communiqué de presse Advocnar - CSNA - 19 juin 2004

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