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Vient de paraître : étude sur les déficits auditifs dans les industries culturelles et créatives

Publiée en juin 2025 par l'INRS, une analyse de 23 années de mesures audiométriques réalisées auprès des travailleurs du monde de la culture et de la création montre que ces derniers sont largement plus exposés à un risque de surdité que les autres. 10 % d’entre eux ont une audition classée dans une catégorie de déficit plus importante que celle attendue en fonction de leur âge et de leur sexe.

Dans le cadre de leur activité professionnelle, musiciens, régisseurs et techniciens sont exposés à de forts niveaux sonores. L'Institut National de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) s'est associé au service de prévention et de santé au travail interentreprises Thalie Santé pour analyser les mesures audiométriques réalisées durant 23 ans lors des visites de suivi de santé des travailleurs du secteur. Ces données ont été confrontées à celles de grandes cohortes épidémiologiques telle que Constances. Au total, près de 110 000 mesures d’audiométrie tonale ont été analysées chez plus de 63 000 travailleurs des industries culturelles et créatives.

Les travailleurs de la culture ont des déficits auditifs plus marqués 

Près de 10 % d’entre eux ont une audition classée dans une catégorie de déficit plus importante que celle attendue en fonction de leur âge et de leur sexe. Chaque année, 28 travailleurs du monde du spectacle atteignent le seuil de surdité (1% du secteur). À titre de comparaison, dans le secteur de la métallurgie, 153 surdités ont été reconnues en 2021 pour presque deux millions de travailleurs, soit moins de 0,01 %.

Les métiers associés au décor sont les plus impactés

Le secteur d’activité des décors est celui pour lequel la prévalence de la surdité est la plus élevée, suivi par les artistes et les secteurs de la lumière, de l’image et de la réalisation. Il faut toutefois noter qu'il existe une grande disparité d'exposition entre les différents métiers, le secteur représentant en tout 340 métiers très différents. L'INRS relève également que ces chiffres sont sans doute sous-estimés. Dans ces métiers pour lesquels l’aptitude à exercer dépend en partie de la performance auditive, il est probable que nombre de professionnels interrompent leur carrière bien avant l’atteinte du seuil de surdité et dis- paraissent ainsi de l’effectif de ces métiers.

Les travailleurs des industries culturelles et créatives restent bel et bien un secteur à risque pour l’audition, en particulier pour les métiers exposant à des niveaux sonores élevés, tels que ceux du son et de la musique. 

L'audition, un capital à préserver

En France, près de 50 % des professionnels du secteur de la musique et du divertissement sont atteints de troubles auditifs en tout genre. Serveurs, managers, agents de sécurité, techniciens, danseurs… les musiciens ne sont pas les seuls concernés. Le guide ministeriel "Audition, un capital à préserver" rappelle aux professionnels du secteur de la musique et du divertissement les mesures et gestes à adopter face au risque auditif. Il donne également des pistes d’actions pour assurer le suivi de ces professionnels exposés à de forts niveaux sonores, et des conseils pour adapter leurs protections collectives et individuelles. Le guide est ainsi composé de cinq fiches thématiques et de synthèses. Le CidB en a coordonné la rédaction.

Sources :

 

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