Si les troubles de l’audition sont très répandus, leur prise en charge demeure insuffisante. Bien entendre permet de rester en lien avec ses proches, y compris en cas de perte d’autonomie. Tous les experts s’accordent sur le fait qu’une bonne audition constitue un levier majeur du bien vieillir. À l’occasion de la 29ᵉ Journée Nationale de l’Audition, l’Association Nationale de l’Audition (ANA) publie les résultats de son enquête « Bien entendre, c’est bien vieillir, même au grand âge », menée avec OpinionWay.
Bien entendre, c’est bien vieillir : bien que conscients des incidences de la perte auditive sur la perte d’autonomie, les Français ne franchissent pas le cap de la prise en charge médicale. Pour enquêter, l’ANA a interrogé les Françaises et les Français auprès d’un échantillon de 1 066 individus, représentatif de la population âgée de 15 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.
Des troubles auditifs fréquents largement sous-compensés
Tandis que 21 % des Français déclarent souffrir de difficultés d’audition, chez les 65 ans et plus, ce chiffre grimpe à 37 %, mais seuls 24 % sont équipés d’un appareil auditif. Parmi les aidants, 50 % indiquent que leur proche en perte d’autonomie rencontre des difficultés auditives. Aussi, 21 % déclarent même que leur proche n’est pas équipé d’un appareil auditif. Seul un Français sur deux se dit bien informé sur les troubles de l’audition. Les plus jeunes (15-24 ans) et les catégories populaires figurent parmi les publics les moins bien informés. Quant aux 65 ans et plus, ils témoignent d’une meilleure connaissance avec +22 pts chez les plus de 70 ans.
1 Français sur 2 est inquiet à l’égard des troubles auditifs
Ils placent les troubles de l’audition au 6e rang de leurs inquiétudes de santé, derrière les cancers (73 %), les troubles de la mémoire (66 %), la perte d’autonomie (65 %), les troubles de la vue (53 %), la dépression (51 %). Une inquiétude qui atteint 63 % chez les aidants réguliers, 66 % chez les aidants dont le proche souffre de difficultés auditives et 68 % chez les personnes concernées elles-mêmes; Cette inquiétude est plus forte chez les 25-34 et les 50-64 ans, classes d’âges qui déclarent être moins bien informées. Les plus de 65 ans apparaissent moins inquiets que la population générale. En miroir, ils indiquent se sentir bien informés. Pourtant, les Français reconnaissent que bien entendre contribue à retarder la perte d’autonomie. La conviction est largement partagée. 89 % estiment qu’ une bonne audition peut contribuer à retarder la perte d’autonomie. Cette proportion monte à 94 % au sein des 65 ans et plus.
D’ailleurs, les aidants témoignent d’un impact très fort des troubles auditifs sur leur proche et sur la relation qu’ils entretiennent. 88 % constatent que cela affecte la qualité des échanges, 85 % que cela détériore sa qualité de vie, 79 % que cela réduit son autonomie, 78 % que cela altère le moral et 74 % que cela dégrade la relation elle-même.
En savoir plus sur les effets auditifs et extra-auditifs du bruit dans notre rubrique Bruit et santé.
Appareils auditifs : des solutions efficaces mais freinées
Les interrogés reconnaissent massivement l’efficacité des appareils auditifs. 92 % pensent qu’ils améliorent la qualité de vie, 91 % qu’il est possible de vivre normalement en étant équipé. Des freins persistent. Le coût reste le premier obstacle (67 %). Suivent l’inconfort (43 %), les difficultés de réglage (42 %) et l’esthétique (31 %). Pour autant, si on leur prescrivait un appareil, près d’un Français sur deux aurait le sentiment d’être vieux (49 %).
Retrouvez ces chiffres dans notre rubrique Les chiffres du bruit.
Pour que bien entendre redevienne un droit accessible à tous, l’Association Nationale de l’Audition appelle à renforcer l’information sur les risques liés aux troubles auditifs, systématiser le dépistage dès les premiers signes, accompagner les aidants dans la détection et le suivi, lever les freins psychologiques associés à la compensation des troubles de l’audition et faciliter l’accès aux dispositifs de compensation.
Source : Sondage OpinionWay pour l’Association Nationale de l’Audition – réalisé du 12 au 13 février 2026.