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Souffleurs de feuilles : quelles démarches à suivre en cas de bruit excessif ?

Au retour des beaux jours, les souffleurs de feuilles envahissent jardins, rues et espaces verts. S’ils facilitent l’entretien, leur usage s’accompagne parfois de nuisances sonores importantes, parfois difficiles à supporter pour les riverains. Bruit continu, intensité élevée, horaires inadaptés… ces situations peuvent rapidement devenir source de tensions de voisinage. Face à un bruit jugé excessif, il existe pourtant des démarches simples pour retrouver un cadre de vie apaisé. 

En fonctionnement, le bruit des souffleurs de feuilles peut atteindre les 105 décibels, comme l’indique la notice technique de certains appareils. Il peut particulièrement gêner les habitants, surtout lorsque cet appareil est utilisé plusieurs fois par jour ou par semaine. 

Vérifier le cadre local

Au niveau national, il n’existe pas de réglementation spécifique. La règle générale applicable aux bruits de voisinage s’applique (article R1336-5 du Code de la santé publique) : « Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme, dans un lieu public ou privé, qu'une personne en soit elle-même à l'origine ou que ce soit par l'intermédiaire d'une personne, d'une chose dont elle a la garde ou d'un animal placé sous sa responsabilité. »

Au niveau local, certains arrêtés préfectoraux et arrêtés municipaux encadrent les activités susceptibles d'être à l'origine de bruits de voisinage, notamment l’usage de certains objets bruyants. Certaines communes posent même des limites particulières concernant les souffleurs de feuilles.

Par exemple, par un arrêté municipal du 26 août 2025 applicable depuis le 1er janvier 2026, la Ville du Touquet a interdit aux entreprises et aux professionnels l’usage de souffleur thermique pour souffler les feuilles mortes avant de les ramasser. Cette mesure ne concerne pas les particuliers qui utilisent ce type de matériel pour leur propre usage.

Autre exemple : un arrêté du préfet de Haute-Savoie en date du 27 juillet 2007 dispose que l'exercice d'activités professionnelles au moyen d'outils ou appareils susceptibles de causer une gêne au voisinage en raison de leur intensité sonore doit être interrompu entre 20 heures et sept heures et toute la journée des dimanches et jours fériés sauf en cas d'intervention urgente. Le même arrêté autorise les travaux de jardinage réalisés par des particuliers, les jours ouvrables de 8 à 20 heures, le samedi de 9 à 19 heures (sauf pendant une pause méridienne de 12 h à 14 heures 30) et le dimanche et les jours fériés de 10 à 12 heures.

Privilégier le dialogue

Dans tous les cas, la première démarche est de faire part des nuisances que vous subissez à l’utilisateur du souffleur à feuilles. S’il s’agit d’un agent municipal, vous pouvez directement informer le maire de la gêne que cette activité provoque. Il peut fixer les conditions d’utilisation de ces appareils. S’il s’agit d’un paysagiste employé par la copropriété de votre immeuble, vous pouvez directement en informer le syndic de copropriété.

Si la personne contactée ne tient pas ses engagements, écrivez-lui une lettre simple lui rappelant vos démarches précédentes, les résolutions prises et enfin la réglementation qui s’applique à votre problème. Gardez une photocopie du document.

Ensuite envoyez-lui une lettre recommandée avec accusé de réception (de préférence non-manuscrite) en lui rappelant votre précédent courrier et la réglementation en vigueur. Il ne faut jamais laisser sous-entendre la moindre menace. À ce stade, vous pouvez fixer un délai à la suite duquel on se réservera la possibilité d’utiliser les voies de droit. Deux semaines nous semblent suffisantes entre les deux lettres.

Les démarches administratives en cas de bruit

Le maire est garant de la tranquillité publique en matière de bruit dans le cadre de ses pouvoirs de police. C’est le service communal d’hygiène et de santé qui, lorsqu’il existe, va recevoir votre plainte, effectuer les démarches et constats nécessaires (rencontre du voisin bruyant, rappel de la réglementation, tentative de conciliation...). Les agents communaux assermentés peuvent dresser des procès-verbaux après enquête, sans nécessité de recourir à une mesure du bruit. Ceux-ci seront transmis au procureur de la République. Ils peuvent aussi recourir au régime de l’amende forfaitaire (verbalisation immédiate).

Proposer des alternatives aux souffleurs de feuilles

Vous pouvez encourager les alternatives, en soutenant l’utilisation d’équipements électriques, en principe moins bruyants. Attention, les modèles électriques sont généralement moins bruyants que les modèles à essence mais il ne s’agit pas d’une règle absolue. Il convient de vérifier la notice technique de l'appareil. 

À la conception, le fabricant de ces matériels doit fixer des niveaux de puissance admissible et apposer un marquage du niveau de puissance acoustique garanti sur l’engin. Il existe donc aussi des matériels thermiques moins bruyants que d’autres. L'utilisation d'engins non-conforme est interdite et peut faire l'objet, indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, des mesures prévues à l'article L171-8 du Code de l'environnement (fixation des mesures nécessaires pour prévenir les dangers graves et imminents pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement, en pratique, suspension de l'exécution des travaux).

Vous pouvez aussi proposer l’instauration de pratiques d’entretien plus écologiques (laisser les feuilles se décomposer, paillage…).

 

Source : Fiche pratique CidB - Les souffleurs de feuilles - mars 2026 (pdf).

 

Une question sur le bruit ?