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Bruit routier et santé mentale des enfants : l’importance de l’exposition chronique

Une étude française menée auprès de près de 8 000 enfants montre qu’une exposition durable à des niveaux élevés de bruit routier est associée à davantage de difficultés émotionnelles et relationnelles à l’âge de 10 ans.

Les effets du bruit environnemental sur la santé des enfants sont de mieux en mieux documentés. Une étude menée par des chercheurs et chercheuses de l’Institut Sorbonne de santé publique (Inserm/Sorbonne Université), publiée en 2026 dans The Lancet Public Health, s’est intéressée à ses liens avec la santé mentale à partir des données de 7 914 enfants de la cohorte ELFE, suivis de la naissance jusqu’à l’âge de 10,5 ans. 

Leur exposition au bruit routier, ferroviaire et aérien autour de leur domicile a été estimée à plusieurs moments de l’enfance : à 2 mois, 3,5 ans et 5,5 ans. À 10,5 ans, les difficultés émotionnelles et comportementales ont été évaluées à l’aide d’un questionnaire standardisé (SDQ).

Une exposition au bruit routier associée à davantage de difficultés 

Le principal résultat concerne le bruit routier. Les enfants exposés de façon persistante à des niveaux élevés de bruit routier (≥ 60 dB(A)) présentaient davantage de symptômes internalisés à l’âge de 10,5 ans, notamment des symptômes émotionnels et des difficultés dans leurs relations avec les autres enfants.

En revanche, les résultats étaient moins nets lorsque l’exposition au bruit était considérée à un seul moment de l’enfance. Les analyses portant sur les bruits ferroviaire et aérien n’ont pas non plus mis en évidence d’association robuste après correction statistique.

L’intérêt de prendre en compte l’exposition dans le temps

L’un des apports de cette étude est de ne pas considérer uniquement le niveau de bruit auquel les enfants sont exposés à un instant donné, mais de s’intéresser à la durée et à la persistance de cette exposition. Les résultats suggèrent qu’une exposition répétée au bruit routier pourrait être davantage associée aux difficultés émotionnelles et relationnelles qu’une exposition ponctuelle.

Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. Il s’agit d’une étude observationnelle : elle met en évidence des associations, sans permettre à elle seule d’établir un lien de causalité.

Cette étude contribue néanmoins à renforcer les connaissances sur les effets extra-auditifs du bruit chez l’enfant et souligne l’intérêt de considérer l’exposition chronique au bruit routier comme un enjeu de santé publique, notamment dans les politiques de prévention et d’aménagement des environnements de vie des enfants.

Référence de l'étude : Exposition au bruit résidentiel et difficultés émotionnelles et comportementales chez l'enfant en France : une étude de cohorte de naissance - INSERM - 25 août 2026 

Source : https://presse.inserm.fr/une-exposition-elevee-et-persistante-au-bruit-routier-au-debut-de-lenfance-est-associee-a-un-risque-accru-de-difficultes-emotionnelles-et-relationnelles-a-10-ans/73139/#_ftn2 

Une question sur le bruit ?